Là, on attaque du gros dossier. Amber Jack est un personnage que j’ai inventé pour une histoire qui s’est vue abandonnée. C’est un dealer britannique, débarqué en France plus ou moins par accident. Sur place, il rencontre un jeune homme suicidaire, dealer également, qui va finir par le toucher malgré son apathie de départ : Rowan. Lui, je n’avais fait que l’esquisser, mais à l’époque, quelqu’un d’autre travaillait avec moi sur la création de ce personnage et s’était chargée de le terminer. Ce ne nous a pas empêchées de raconter et de jouer leur histoire. Jack est un musicien, par conséquent, il était appelé à chanter assez souvent pendant les différents actes de la pièce…Et comme je l’incarnais, je me suis autorisée à me faciliter un peu la tâche en reprenant l’air de la chanson de Renaud : Deuxième génération. Par contre, les paroles sont écrites du point de vue de Rowan, ça donnera une idée assez claire du personnage…Chaleureux qu’il est:

« J’m’appelle Rowan, j’ai dix-neuf ans

Je crèche plus ou moins sur Paris

J’suis plus un gosse depuis longtemps

J’en étais un en Australie

J’avais trois frères, tous des plus grands

Et les parents ? Pas vus-pas pris

Dans la vie, moi je suis dealer

Je me suis jamais fait coffrer

Il faut dire que pour mon malheur

Je suis plutôt un’chasse gardée

Vu qu’mon patron est une terreur

Z’ont pas intérêt à m’toucher

 

J’ai rien à gagner, rien à perdre

Juste ma vie

J’préfère la mort à cette vie d’merde

Je suis cassé, détruit

Je n’aime que ce qui vous fait peur

La douleur et la nuit

 

Peu d’temps après être débarqué

J’ai rencontré ma première fille

La dernière aussi, Dieu soit loué

Même si elle a été gentille

Elle m’a surtout bien arnaqué

Pour qu’je lui enfonce ses aiguilles

Elle m’a plaqué au bout d’un temps

Casée avec un d’ces lascars

Qui remplissaient ses veines autant

Qu’elle le voulait, sauf qu’un beau soir

J’suis r’tombé dessus, et en deux temps

Je l’ai déguisée en cauch’mar

 

J’ai rien à gagner, rien à perdre

Juste ma vie

J’préfère la mort à cette vie d’merde

Je suis cassé, détruit

Je n’aime que ce qui vous fait peur

La douleur et la nuit

 

Chuis une ordure, donc j’ai du blé

Qui me sert à payer ma blanche

Je me pique pour me suicider

Peut-être pour prendre un’revanche 

Je tripe pour essayer d’rêver

Mais à chaqu’fois ma mémoire flanche

Je suis un chien de Lydao

Le Péril Jaune des bas-quartiers

J’ai l’air d’un gars d’la Gestapo

Tout en cuir noir d’la tête aux pieds

Je hais cette ordure, ce salaud

Mais j’vaux pas mieux, en vérité

 

J’ai rien à gagner, rien à perdre

Juste ma vie

J’préfère la mort à cette vie d’merde

Je suis cassé, détruit

Je n’aime que ce qui vous fait peur

La douleur et la nuit

 

Y a un truc qui m’branche, c’est les tattoo

J’ai appris chez moi, tout petit

Auprès d’un mec un peu chelou

Un SDF, né Maori

Ce con s’est fait piquer dans l’cou

Par une Redback : j’aime mon pays

Depuis j’ai horreur de ces bêtes

Plus c’est petit, plus c’est dang’reux

J’espère qu’vous crois’rez pas ma tête

Le jour où un’ passe d’vant mes yeux

Si l’boss le sait ce s’ra ma fête

Vu qu’c’est un putain de vicieux

 

J’ai rien à gagner, rien à perdre

Juste ma vie

J’préfère la mort à cette vie d’merde

Je suis cassé, détruit

Je n’aime que ce qui vous fait peur

La douleur et la nuit

 

Des fois j’me dis que j’veux crever

Que j’en ai marre, j’veux qu’ça finisse

Lydao m’en a empêché

Ca justifie que j’le haïsse

Moi j’en ai juste marre de tomber

Marre que le tableau se noircisse

Quoique j’dis peut-être une conn’rie

J’ai enfin trouvé un’ lumière

Mourir j’en ai plus trop envie

Quand chuis dans ses bras qui me serrent

Mais les trois mots que mes yeux crient

J’peux pas lui dire, ça fout les nerfs…

 

J’ai rien à gagner, rien à perdre

Juste ma vie

J’préfère la mort à cette vie d’merde

Je suis cassé, détruit

Je n’aime que ce qui vous fait peur

La douleur et la nuit

 

J’ai rien à gagner, rien à perdre

Juste ma vie

J’préfère la mort à cette vie d’merde

Je suis cassé, détruit

Je n’aime que ce qui vous fait peur

La douleur et la nuit »

Tudieu. Quand je relis ça, ça ne me rajeunit pas. Pourtant, ça ne doit pas chercher plus loin que 2012…Ca fait une éternité, dans ma tête. L’histoire de Lydao, Rowan et Jack – et beaucoup d’autres personnages que je n’ai pas le temps de présenter ici – serait bien trop longue à raconter en un seul article. J’en ferais d’autres, si elle vous intéresse. Bien que cet aperçu ne doive pas vous la présenter comme autre chose qu’un énième Yaoi-like vaguement occidentalisé. Je reste persuadée qu’on pourrait en faire une histoire intéressante…En tous cas, si ça vous dit, dès qu’elle me titillera la cervelle pour exiger que je la raconte, je m’y remets.

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